Pénurie de candidats, offres qui restent en ligne, métiers « en tension » : ces expressions reviennent dans chaque comité de direction, souvent comme si elles disaient la même chose. Dans une note publiée le 5 octobre, l’Unédic remet de l’ordre dans ces notions et rassemble les derniers chiffres disponibles. Pour une équipe RH, c’est l’occasion de choisir le bon indicateur avant de parler de « pénurie ».
Plan de l'article
Quatre notions qui ne mesurent pas la même chose #
La note de l’Unédic insiste sur un point : emplois vacants, offres non pourvues, difficultés de recrutement et tensions sont des concepts distincts, qui ne doivent pas être employés l’un pour l’autre.
Un emploi vacant, au sens de l’enquête Acemo de la Dares, est un poste libre, nouvellement créé ou sur le point de se libérer, disponible dans les trois mois, pour lequel l’employeur cherche activement un candidat à l’extérieur. L’Unédic rappelle que ces emplois « résultent du fonctionnement normal du marché du travail » : un recrutement prend du temps, il y a donc toujours des postes ouverts.
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Une offre non pourvue est une offre déposée chez France Travail puis retirée parce qu’aucun candidat adapté n’a été trouvé. Les difficultés de recrutement mesurent la part d’employeurs qui déclarent avoir du mal à embaucher, dans les enquêtes de conjoncture de l’Insee. Enfin, l’indicateur de tensions, construit par la Dares avec France Travail, combine plusieurs signaux : difficultés anticipées, rapport entre offres et demandeurs d’emploi, et vitesse de sortie des listes.
Ce que disent les derniers chiffres #
Côté postes ouverts, la note retient 458 000 emplois vacants au deuxième trimestre 2026, soit 2,3 % de l’emploi salarié des secteurs marchands couverts. Selon les données Eurostat reprises par l’Unédic, la France se situait à 2,4 % fin 2025, contre 2,2 % pour la zone euro : un niveau proche de la moyenne européenne, pas une exception française.
Les offres réellement abandonnées sont beaucoup moins nombreuses que ce que laisse entendre le débat public. En 2025, environ 126 000 offres ont été retirées faute de candidat, sur 2,6 millions d’offres d’au moins un mois publiées chez France Travail. Parmi elles, quelque 81 000 portaient sur des emplois durables, en CDI ou en contrat de plus de six mois.
Les difficultés de recrutement varient fortement selon le secteur. Au troisième trimestre 2026, l’Insee relève 61,2 % d’entreprises en difficulté dans le bâtiment, contre 37,1 % dans l’industrie manufacturière et 34,5 % dans les services. L’Unédic prévient toutefois que cet indicateur est très volatil, surtout dans la construction.
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Un marché qui se détend, sans s’effondrer #
Sur la durée, la tendance est nette. Les tensions ont progressé de 2015 à 2019, reculé en 2020, rebondi en 2021 et 2022, puis diminué à partir de 2024. « De façon générale, les tensions sur le marché du travail sont en baisse depuis 2024 », écrit l’Unédic, qui précise qu’elles « demeurent toutefois très élevées dans les métiers du bâtiment ».
Les chiffres d’emploi vont dans le même sens. D’après les résultats détaillés de l’Insee pour le deuxième trimestre, publiés le 28 août, l’emploi salarié est quasi stable (-0,1 %, soit 23 500 emplois en moins). Il recule de 0,3 % sur un an, mais reste 4,7 % au-dessus de son niveau de fin 2019. Dans le privé, c’est le sixième trimestre consécutif de baisse sur un an.
Ce que les équipes RH peuvent en tirer #
Choisir le bon indicateur pour son diagnostic
Une approche de recrutement pilotée par la donnée commence par nommer ce que l’on mesure. Un poste ouvert depuis six semaines n’est pas une offre non pourvue : c’est un emploi vacant, dans un délai normal. Suivre séparément le délai de recrutement, le taux d’abandon des offres et le nombre de candidatures qualifiées évite de conclure trop vite à une pénurie.
Comparer son secteur, pas la moyenne nationale
Avec un écart de près de 27 points entre le bâtiment et les services, la moyenne nationale ne dit presque rien d’un métier précis. Les difficultés d’une PME du BTP n’ont pas la même cause que celles d’une entreprise de services : volume de candidats dans un cas, adéquation des profils ou attractivité de l’offre dans l’autre.
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Profiter d’un marché moins tendu
Quand les tensions reculent et que l’emploi se stabilise, les candidats ont un peu moins de choix. C’est le moment de revoir les fiches de poste, de vérifier les critères vraiment indispensables et de mesurer la conversion à chaque étape, plutôt que de multiplier les canaux de diffusion.
Questions fréquentes #
Combien d’emplois sont vacants en France ?
La note de l’Unédic retient 458 000 emplois vacants au deuxième trimestre 2026, soit 2,3 % de l’emploi salarié de l’industrie, de la construction et des services, d’après l’enquête Acemo de la Dares.
Emploi vacant et offre non pourvue, quelle différence ?
L’emploi vacant est un poste que l’employeur cherche à pourvoir, ce qui est normal pendant un recrutement. L’offre non pourvue est une offre France Travail finalement retirée faute de candidat adapté : environ 126 000 en 2025.
Les tensions de recrutement augmentent-elles ?
Non, selon l’Unédic, elles baissent globalement depuis 2024, dernière année disponible pour l’indicateur Dares. Elles restent très élevées dans le bâtiment, la mécanique, la maintenance et la santé.
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