Le marché de l’emploi continue de se contracter, mais moins vite. C’est le principal enseignement du baromètre trimestriel publié le 14 octobre 2026 par Hellowork : au troisième trimestre, 2,22 millions d’offres d’emploi ont été diffusées sur la plateforme, et leur volume recule de 3,1 % par rapport au deuxième trimestre, sur la base d’indicateurs lissés sur douze mois glissants.
Plan de l'article
Une décrue qui ralentit pour le deuxième trimestre consécutif #
La tendance se lit sur trois trimestres : −4,9 % au premier, −4,1 % au deuxième, puis −3,1 % au troisième. La baisse perd donc en intensité, sans pour autant marquer de reprise. Hellowork le souligne : le volume continue de diminuer dans toutes les grandes régions.
Le détail mensuel invite à la prudence. Après un recul limité à 0,8 % en juin, la baisse s’est accentuée en juillet (−1,3 %) et en août (−1,2 %), avant de se modérer en septembre (−0,7 %). Pour un recruteur qui pilote ses volumes, la trajectoire reste irrégulière : aucun retournement n’est établi.
Le diagnostic de David Beaurepaire, directeur délégué au développement de Hellowork, est sans détour : « Le marché de l’emploi ne s’effondre pas, mais ses rouages continuent de se gripper. » Les incertitudes conduisent les entreprises à reporter leurs investissements et les salariés à différer leurs projets de mobilité.
L’intérim tient mieux que le CDI et le CDD #
Par type de contrat, les écarts sont nets. L’intérim représente 44 % des offres diffusées, devant le CDI (42 %). Ses offres reculent de 1,8 % sur le trimestre, contre −4,3 % pour les CDI et −6,4 % pour les CDD. L’alternance est quasi stable, à −0,6 %, après une année 2025 difficile.
Cette résistance repose sur trois domaines qui concentrent près des deux tiers des offres d’intérim : le BTP et la construction (23 %), la production et la maintenance industrielle (23 %), la logistique, le transport et la supply chain (17 %). Leur recul reste contenu au troisième trimestre.
Ce que cela dit de la prudence des employeurs
Lue côté RH, cette hiérarchie traduit une préférence pour la flexibilité. Quand la visibilité manque, les entreprises privilégient les contrats qu’elles peuvent ajuster rapidement plutôt que des engagements longs. Les équipes recrutement ont intérêt à suivre ce mix contrat par contrat, plutôt qu’un volume global qui masque ces écarts.
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Des écarts régionaux marqués #
Toutes les grandes régions reculent, mais pas au même rythme. L’Île-de-France enregistre la baisse la plus forte, à −6 %, notamment sous l’effet du recul des offres dans la distribution et les achats, les ressources humaines, la formation et le recrutement, ainsi que le commerce. Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Normandie reculent de 5 % chacune.
À l’inverse, les Pays de la Loire et l’Occitanie limitent leur repli à −1 %, devant la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne (−2 % chacune). Le secteur santé-social, lui, progresse de 5 %, à contre-courant de la plupart des grandes fonctions.
Autre donnée utile pour cartographier les viviers : sur les neuf premiers mois de 2026, l’Île-de-France concentre 41 % des offres nécessitant de fortes compétences en data et IA, contre seulement 7,5 % des offres du secteur industriel. Un recrutement data hors de la région capitale se joue donc sur un marché plus étroit.
Moins d’offres, mais toujours plus de candidatures #
Ce baromètre fait écho à la 17e enquête candidats-recruteurs du même groupe, publiée le 8 octobre et menée auprès de 2 532 candidats et 695 recruteurs. La pénurie de compétences y devient le premier défi de 53,8 % des recruteurs, contre 39 % en 2025. Pourtant, 71,9 % d’entre eux estiment que moins d’une candidature sur quatre correspond à leurs besoins.
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L’enquête rappelle aussi qu’au premier semestre 2026, le nombre de candidatures par offre a augmenté de 18 % sur un an. Pénurie et abondance coexistent : les offres se raréfient, les candidatures affluent, mais elles ne collent pas aux besoins.
L’IA généralisée, la confiance en recul
Le même document chiffre l’adoption de l’IA : 93,1 % des recruteurs déclarent l’utiliser, contre 78 % en 2025, et 61,1 % des candidats. Chez les recruteurs, elle sert d’abord à rédiger les offres (81,1 %), le pré-tri des candidatures restant minoritaire (8,5 %). Or 61,8 % des candidats pensent que leur candidature n’est pas réellement lue par un humain. Helloworkplace conseille d’expliciter dans les offres où l’IA intervient, et où elle n’intervient pas.
Quels réflexes pour les équipes recrutement #
Ce contexte plaide pour un pilotage plus fin. Suivre ses indicateurs par contrat et par région permet de distinguer une baisse générale d’une difficulté propre à un poste. Mesurer la part de candidatures pertinentes, plutôt que leur nombre brut, aide à juger l’efficacité d’une annonce. Enfin, répondre à chaque candidat, même négativement, reste un levier simple pour préserver une marque employeur fragilisée par la méfiance envers les outils automatisés.




