Prime de partage de la valeur : qui y a droit et combien ?

La prime de partage de la valeur (ex-« prime Macron ») peut atteindre 3 000 € par salarié et par an sans cotisations sociales — et jusqu’à 6 000 € si l’entreprise applique un accord d’intéressement ou de participation. Mais attention au malentendu le plus fréquent : elle est totalement facultative. Aucun salarié ne peut l’exiger, aucune entreprise n’est obligée de la verser.

Ce qui est exonéré, et pour qui #

Situation en 2026 Régime de la prime
Toutes entreprises, jusqu’à 3 000 € (ou 6 000 €) Exonérée de cotisations sociales
Entreprise de moins de 50 salariés + salaire inférieur à 3 SMIC Exonérée aussi de CSG-CRDS et d’impôt sur le revenu (régime prolongé jusqu’au 31 décembre 2026)
Entreprise de 50 salariés et plus, ou salaire au-delà de 3 SMIC CSG-CRDS due, prime imposable

Autrement dit : dans une petite entreprise, un salarié payé en dessous de 3 SMIC touche la prime intégralement nette. Ailleurs, elle apparaît sur le bulletin avec CSG-CRDS déduite et entre dans le revenu imposable.

Tout le monde touche-t-il le même montant ? #

Pas forcément. L’employeur peut moduler la prime selon des critères précis autorisés par la loi : rémunération, classification, ancienneté, durée de présence effective ou durée de travail prévue au contrat. En revanche, il ne peut pas exclure une partie des salariés, ni faire varier la prime selon des objectifs individuels de performance, le type de contrat (CDD ou CDI) ou l’âge. Un temps partiel touche une prime proratisée, c’est légal ; un salarié écarté parce qu’il est en CDD, ce ne l’est pas.

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Quand et comment est-elle versée ? #

L’entreprise peut verser jusqu’à deux primes par année civile, chacune payable en une à quatre fois (au maximum un versement par trimestre). Le total des deux primes reste soumis aux plafonds globaux de 3 000 € ou 6 000 €. Le montant, les critères et le calendrier sont fixés par accord d’entreprise ou par décision unilatérale de l’employeur, après consultation du CSE quand il existe.

Puis-je demander la prime Macron à mon employeur ?

Vous pouvez la demander (ou la faire porter par le CSE et les syndicats lors des négociations), mais vous ne pouvez pas l’exiger : c’est un dispositif facultatif, à la main de l’employeur.

La prime remplace-t-elle une augmentation ?

La loi l’interdit : la PPV ne peut se substituer à aucun élément de rémunération dû (salaire, prime prévue par accord ou usage). En pratique, c’est un point de vigilance récurrent des syndicats, car une prime ponctuelle ne suit pas le salarié comme une augmentation.

La prime compte-t-elle pour la retraite ou le chômage ?

La part exonérée de cotisations ne génère pas de droits supplémentaires (retraite, chômage), contrairement à du salaire classique. C’est l’envers de la médaille d’une prime « nette ».

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Peut-on placer sa prime ?

Oui, la PPV peut être affectée à un plan d’épargne salariale (PEE, PER collectif) quand l’entreprise en dispose, ce qui permet dans certains cas d’éviter l’imposition en contrepartie d’un blocage des fonds.

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